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ღღღ "La terre est notre corps. Notre esprit vient du soleil et notre pensée est une étincelle du soleil." Proverbe Amérindien. ღღღ "La joie est en tout, il faut savoir l'extraire. "(Confucius) ღღღ "Il n'y a pas de formule magique pour réussir sauf peut-être une acceptation inconditionnel de la vie, et de ce qu'elle apporte..." Arthur Rubinstein ღღღ"

Radio Arcadie

lundi 9 octobre 2017

La luciole

La luciole.



La luciole vient s'attarder sur la ligne d'horizon où les dernières lueurs de soleil resplendissent. La lune ne tardera pas à pointer le bout de sa frimousse derrière ses rideaux sombres brodés d'étoiles et le moment sera propice à la rêverie. La luciole aime cet instant crépusculaire entre chien et loup où tout semble se figer en un souffle discret pour ne pas effrayer l'entrée des petites étoiles sur la scène céleste. Ce soir, c'est la pleine lune, la luciole va faire danser son âme au-delà de la porte des étoiles et se laisser voguer sur la frégate du rêve.


Notre luciole rayonne légère et pétillante ce soir, il y a bien longtemps qu'elle ne s'était sentie aussi joyeuse et sereine. Elle virevolte, elle s’enivre des premières lueurs de la lune qui dévoile peu à peu son denier parfait. La pleine lune a toujours cet effet hypnotique et fascinant que ce soit pour le profane ou l'érudit. De cette traction quasi électrique, notre petite étincelle de lumière ailée en est complètement assoiffée, elle se galvanise et se recharge jusqu'à s'en faire exploser les émotions à l’intérieur de sa petite carcasse fragile.


Bien posée sur le bord de la lucarne de son nid, notre petite poussière de lumière se laisse porter par l'onde de la rêverie qui apaise son cœur et ressource ses ailes abîmées par le temps. Elle voudrait que cette instant de plénitude s'éternise, se scelle au fond de son être et s’imprègne comme une marque au fer rouge des divinités célestes. Elle voudrait que le temps qui s'égraine bien trop vite soit suspendu à jamais à cette note magique et lunaire.


Une brise vient papillonner en un frisson sur la carapace frêle de notre luciole, l'automne s'installe et rappelle aux tricots chaleureux. Bien que l'on dise que les lucioles fabriquent leur propre lumière intérieure et qu'elles n'ont nul besoin d'aller vers une source de lumière pour vivre, notre luciole n'en mène pas large quand le froid la surprend. L'arrière saison est pourtant douce en chaleur mais les soirées se font fraîches pour les frileux. A contre cœur, la luciole quitte son point d'observation sans toutefois manquer de porter une dernière fois son regard vers la déesse qui rayonne et règne sublime sur ce royaume stellaire. Partir au-delà de la voie lactée, par delà la porte de ces étoiles scintillantes et toucher du bout des doigts ce miracle cosmique qui fait naître les galaxies et la clepsydre de la vie, tel est le rêve de notre petite étincelle…


La luciole quitte donc son point d'observation et vient s'échouer sur un grimoire ouvert et noirci d'arabesques folles qui courent entre deux illustrations. Ce grimoire fourmille de poésies, d'illustrations de plantes, des notes en tout genre, de magie, d'historiettes, de recettes et d'imagination. Quelques bougies illuminent la pièce et projettent de mystérieuses ombres chinoises sur les murs. Une armada d'êtres éthérés semblent s'y mouvoir dans une danse macabre et lente, la nuit cache toujours un linceul lourd de légendes en tout genre. Un jeu d'ombres et de lumières qui rend fou bien des écrivains et des poètes. Les muses peuvent être de parfaites alliées de création ou de parfaites despotes. Mais pour l'heure, la petite main galvanisée d'inspiration nouvelle reprend sa plume et poursuit ses quelques lignes inachevées. La luciole fait danser un peu de lumière céleste et nocturne sur le journal et peu à peu des êtres féeriques se mettent à vivre et à vibrer sur le parchemin.


Le blanc immaculé des pages lève l'ancre et se faufile au gré des flots azurés du temps. Parfois solaires et parfois tempêtes moult nuances pigmentées s'élèvent telles de belles vagues au cœur de l'océan de l'âme. Les lettres s'accouplent au fil de l'onde et s'harmonisent en une ballade exaltée où les maux sillons se fondent peu à peu en cicatrices pour laisser place aux émaux scions qui s'épanouissent avec exultation. L'âme de la petite plume semble à l'instar de ses comparses une hybridation entre papillon nuit et luciole. Son parchemin semble à la fois être piégé comme les papillons de nuit par les fragments de lumière distillés par l'obscurité et à la fois être attaché comme les lucioles à une volonté intérieure de faire jaillir la lumière du plus profond de son être.

Les mots s'alignent en une belle ligne d'horizon par delà laquelle se réveille la quintessence de l'espoir et du bonheur. Les griffes de la nuit, bien qu'effrayantes et mystérieuses, balaient bien des nuages contrairement à ce que l'on pourrait penser : de l'obscurité naissent les plus belles clartés.


Les yeux de la luciole picotent, d'humeur mutine le marchand de sable s'acharne sur les prunelles de la fée épuisée . A contre cœur, la luciole laisse le grimoire se refermer et retourne une dernière fois se poser sur le rebord de la lucarne. Du bout des lèvres, elle adresse une dernière prière de gratitude à la grande dame des cieux qui lui renvoie d'une caresse un peu de poussière d'étoile dans ses prunelles. Le cœur léger et serein, la luciole s'envole légère et se glisse réconfortée dans les limbes du sommeil.


La truffe bien au chaud, la luciole lovée dans sa tanière d'édredons redevient la renarde. Les vibrisses bien alertes elle part sonder les mondes de l'au delà, elle part à la quête de son arbre intérieur dont les cimes et les racines la relie à la lumière des dieux et du cosmos. Les pattes ancrées à la terre-mère et le cœur illuminé par la luciole, la renarde suit son fil d'argent qui la transporte au-delà de ses frontières corporelles. C'est toujours un instant troublant de se regarder dormir et de se laisser ensuite aspirer par les sentiers oniriques. Un vortex d'une légèreté souveraine, un fil d'Ariane et sous mes pas de « marcheur de rêve » s'ouvrent les portes de la conscience et des mondes supérieurs. Je ne sais combien de voyage la renarde et moi avons fait, mais j'aime courir ces sentiers du rêve avec elle et sa luciole. Elles sont moi et je suis elles, mes deux ailes invisibles à vos yeux. La renarde et la luciole, deux facettes totems en parfaite harmonie avec mon âme. Les mystères du jour et de la nuit m'initie au biorythme de l'univers grâce à elles. Gratitude... 

Hélégia 09/10/2017

2 commentaires:

  1. Magnifique Luciole, elle fusionne et s’enflamme de sentiments et d’émotions, en osmose avec l’univers d’une poésie vraie et sincère … J’aime.

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