dimanche 14 février 2021

Fleurs d'Hiver

"Fleurs d'Hiver"

(source image: pinterest)

Aujourd’hui  c’est  St  Valentin,  cela  me  donne  envie  de  vous  parler  de  fleurs  d’hiver,  d’amour  et  de printemps…  

Les  jardins  sont  encore  couverts  par  endroit  de  fines  couches  de  neige  qui  s’effacent  peu  à  peu sous  la  caresse  du  soleil  hivernal.  Quelques  petites  tiges  vertes  timides  pointent  le  bout  du  nez  annonçant  la promesse  d’un  printemps  sur  le  chemin  du  retour. 

S’il  y  a  bien  deux  fleurs  qui  représentent  à  merveille  l’hiver,  ce  sont  l’hellébore  et  la  perce-neige  (vous noterez  que  dans  la  langue  de  Molière  «  perce-neige  »  est  féminin  même  si  l’usage  du  masculin  est  toléré  car répandu  dans  le  langage  courant). 

Dès  le  moyen-âge,  on  trouve  dans  les  jardins  la  reine  des  fleurs  de  l’hiver  qui  n’est  autre  que  l’hellébore. Cette  plante  fleurit  l’hiver  lorsque  tout  est  en  sommeil  au  jardin.  Surnommée  également  rose  de  neige,  rose de  noël  ou  encore  herbe  aux  fous,  l’hellébore  est  utilisée  dès  l’antiquité  comme  remède  pour  diverses pathologies.  Hippocrate  l’administrait  comme  laxatif  et  diurétique,  ou  pour  les  troubles  mentaux. 

L’hellébore  avait  réputation  de  soigner  non  seulement  la  folie  mais  aussi  les  douleurs  liées  à la  goutte,  aux  dents  ou  aux  articulations.  Hildegarde  la  recommandait  contre  la  fièvre  quarte.  Cependant,  si elle  était  utilisée  de  façon  vertueuse  pour  éloigner  les  mauvais  esprits  ou  soigner  des  maux,  elle  est également  un  poison.  Sa  toxicité  pouvant  entraîner  des  brûlures  d’estomacs,  des  vomissements,  ou  même  la mort. 

Revenons  maintenant  à  la  perce-neige,  ma  fleur  préférée  de  l’hiver,  celle-là  même  qui  apparaît  dès  les prémices  du  trépas  de  l’hiver. 

Bien  avant  d’arriver  à  l’utilisation  du  calendrier  civil,  le  calendrier  floral  était  un  repère  temporel  non négligeable  pour  nos  ancêtres.  Chaque  hiver,  après  une  période  rude  tant  par  le  froid  que  par  la  famine  ou  les maladies,  l’arrivée  de  la  première  perce-neige  était  pour  nos  ancêtres  un  symbole  d’espoir  puissant  et  la promesse  de  jours  meilleurs.  

Cette  fleur  gracile,  assez  forte  pour  sortir  du  sol  glacé  et  enneigé,  est  un  porte-bonheur.  De  nombreuses  légendes  entourent  cette  blanche  fée  aux  multiples  noms,  tantôt  on  l’appelle  «  fée du  printemps  »,  tantôt  on  l’appelle  aussi  «  violette  de  chandeleur  ».  De  l’autre  côté  de  la  Manche,  on  la surnomme  «  snow  drop  »  (goutte  de  neige)  ou  «  eve’s  tears  »  (larmes  d’Eve). 

Larmes  d’Eve…  Cela  m’amène  à  vous  parler  d’amour,  d’un  amour  maudit  qui  fût  à  l’origine  de  cette  belle légende  à  propos  du  perce-neige  : 

On  raconte  que  lorsque  Adam  et  Eve,  fous  amoureux,  transgressèrent  les  règles  du  jardin  d’Éden,  ils  furent bannis  de  celui-ci.  Condamnés  à  l’exil,  ils  se  retrouvèrent  sur  la  terre  qui  était  encore  un  lieu  hostile  et  peu hospitalier.  Un  jour,  alors  que  nos  deux  amants  erraient  dans  une  tempête  de  neige  en  quête  d’un  havre  de paix,  Eve  s’effondra  sur  la  neige  pliée  de  chagrin  et  de  désespoir.  Si  ses  pleurs  réjouissaient  les  démons hilares  de  ses  déboires,  un  ange  fût  compatissant  à  son  chagrin. 

Cet  ange  vint  se  poser  auprès  d’elle  pour  la  consoler  et  lui  dit  : 

«  Sèche  tes  larmes  Eve...  Le  printemps  sera  bientôt  là  pour  réchauffer  la  terre.  Avec  un  peu  de  patience  et  de labeur,  tu  pourras  retrouver  un  peu  de  ton  paradis  perdu  ici  sur  terre...  ». 

Pour  redonner  le  sourire  à  Eve,  l’Ange  pris  les  larmes  d’Eve  qui  se  firent  flocons  de  neige  sous  ses  doigts  et les  posa  au  sol.  Sous  les  yeux  émerveillés  d’Eve  naquirent  les  premières  clochettes  blanches  et  graciles  que nous  connaissons  aujourd’hui  sous  le  nom  de  «  perce-neige  »... 

En  espérant  que  cette  publication  et  ces  anecdotes  florales  vous  aient  plu,  

Je  vous  souhaite  une  agréable  fête de Saint Valentin. 

Bien  à  vous, 

Hélégia

14/02/2021


lundi 18 janvier 2021

De petits riens sont un bien inestimable trésor

 « De petits riens sont un bien inestimable trésor »

 

(source illustration: pinterest)

La nouvelle année s’est installée brumeuse,

L’hiver pluvieux s’est paré peu à peu de givre.

A perte de vue la nature se fait merveilleuse

Son blanc manteau de moult rêveries m’enivre.


En ces temps troublés la nature est réconfort,

De simples flocons de neige apportent de la joie,

De petits riens sont un bien inestimable trésor,

Instants précieux hors du temps rien qu’à soi.


La faculté de rêverie est une faculté divine

et mystérieuse écrivait mon poète favori,

Chaque flocon rayonne d’une beauté séraphine,

Caresse d’un au-delà léger sans dysphorie.


La neige est un ouvrage de dentelles éphémères,

Tissées par les fées et autres créatures célestes.

Ce manteau blanc fait frissonner nos chaumières,

Mais il invite au voyage imaginaire et à la liesse.


Cet instant de blancheur qui pique nos frimousses,

Dessine de beaux sourires et efface les tristesses,

Un temps hors du temps posé sans secousse,

Qui s’anime joyeux d’insouciance et de joliesse.


Ça et là fleurissent des bonhommes de neige,

Ça et là petits et grands s’amusent et rient,

Les soucis s’envolent et l’harmonie s’arpège,

Le bonheur revient dans les cœurs meurtris.


De petits riens sont un bien inestimable trésor,

La faculté de rêverie est une faculté divine,

Alors rappelez vous ces instants luminophores,

Chaque fois que la vie se fait plus chagrine.


A chacun je vous souhaite une meilleure année,

Empreinte de cet inestimable trésor de bonheur,

Qui est là, même dans les instants malmenés,

Choyez l’instant et les petits riens à toute heure !


Hélégia

18/01/2021

 

Cette année, j'ai écrit mes vœux plus tard qu'à l'accoutumée car je souhaitais pour une fois prendre ce temps de l'instant précieux... Profiter de mes proches, des premiers jours de l'année et fuir un peu la cacophonie des médias. C'est salvateur de prendre le temps et de marcher dans les pas de nos ancêtres qui prenaient le temps du mois de janvier pour présenter leurs vœux. 

Tendresse, 

Bien à vous, votre renarde dévouée ;) 

 


jeudi 24 décembre 2020

Conte de Noël : « Ça sent le sapin ! »

Conte de Noël : « Ça sent le sapin ! »


(illustration Paolo Barbieri)

   

Quand c’est la saison claire, à vau-de-route, ça tintinnabule ici et là dans la nature… Les grenouilles coassent, les corbeaux croassent, les sangliers grommellent, les pies jacassent, les mulots chicotent, les hirondelles gazouillent, les dindons gloussent et j’en passe !

Pour les conteuses, c’est le paradis pour une cueillette d’histoires et de rumeurs à raconter !

Quand la saison sombre vient, la nature s’enroule dans son édredon de silences, de murmures et de mystères… Cest le moment propice pour les conteuses de tricoter et de filer au coin du feu des légendes. Car oui ! c’est au cœur de l’hiver et à la lueur des bougies que naissent les plus belles histoires à partager.

Nos anciens disaient souvent quand vient une période sombre ou une fin : « ça sent le sapin !!! »… ou «  ça sent le roussi !»… Mais à mon humble avis, quand vient la douce période de Noël, ces expressions prennent pour moi un sens bien plus poétique. Cela m’évoque la bonne odeur du sapin décoré, la bonne odeur du feu qui crépite dans l’âtre, ou encore la bonne odeur des pâtés en croûte, du pain d’épices et des bonnes soupes.

Bref ! Ça sent le sapin ! Le sapin… Les montagnes… Les grands espaces et le grand air !

Saviez-vous qu’au commencement, les dieux et les déesses créèrent la terre et le ciel ? Chacun d’eux apporta sa touche personnelle pour forger le berceau qui accueillerait les humains et les animaux.

Parmi ces dieux, il y en avait un, plus rebelle que les autres : le diable. Il décida de s’affranchir de ses aînés. Fort d’ambition, il quitta les cieux pour vivre dans les entrailles de la terre et il devint le roi des enfers. Comme tout roi, le diable avait une reine et des enfants… beaucoup d’enfants… beaucoup trop de d’enfants… toute une marmaille bruyante et insolente !!!

On raconte que, le diable ne trouvait plus le repos, il ne dormait plus et il n’en pouvait plus tant sa marmaille faisait un tohu-bohu à ne pas s’entendre. Lassé de cette agitation permanente, il expédia ses enfants sur terre afin de retrouver un peu de sérénité. Sur terre, ce fut une pluie de diablotins qui s’abattit sur les montagnes et les endroits les plus isolés du monde. Seulement voilà, les diablotins étaient habitués au cocon chaleureux des enfers, ici dans les montagnes tout paraît bien plus hostile.

L’été, les rochers brûlent les fesses quand le soleil tape et l’hiver, quand les vents froids soufflent sur la cime des montagnes, on grelotte. Il faut dire qu’à cette époque, les plaines, les collines et les montagnes étaient encore vides. Pas un brin de fleur ni même un brin de chamois !

« Ça sent le roussi ! » se dit le diable en entendant ses marmots chouiner parce-qu’ils avaient trop chaud ou trop froid. Il fallait vite qu’il trouve une solution pour que les diablotins ne reviennent pas au bercail. Le repos, c’est sacré !

Alors, il fit pousser des buissons, de mignons petits buissons, mais à son grand désarroi cela fit venir des chevreuils, des chamois, et des lapins qui grignotèrent les baies et le moindre bourgeon.

Il ne resta rien, pas une brindille ni même une feuille. Le diable fit pousser des noisetiers et des alisiers, plus grands, mais là encore tout fut brouté !

Bien embarrassé, le diable fit pousser des arbres encore plus grands et plus feuillus, des hêtres, des chênes et des frênes. Arriva l’automne, toutes les feuilles des arbres, cramoisies et dorées, se retrouvèrent à terre en un grand tapis moelleux pour le plus grand réconfort de nos diablotins. Ces derniers passèrent des heures à chahuter dans ce tapis douillet. Mais, des arbres nus, cela ne protège pas des pluies, ni même des flocons de neige et les diablotins pleurèrent encore d’être trop mouillés et d’avoir froidAlors le diable dut encore remuer ses méninges, pour trouver une solution définitive.

Il fallait un arbre qui protège du vent, de la pluie, de la neige, du froid et de la chaleur. Un arbre qui ne soit pas grignoté par les animaux gourmands et qui soit résistant aux saisons.

Ainsi le diable fit naître le sapin, il reste vert en toutes saisons, protège des intempéries, éloigne les gourmands avec ses branches hérissées, prospère sur toutes les hauteurs et il offre au pied de ses racines, une mousse verte et confortable pour se reposer.

Toute cette histoire suppose aussi que la marmaille du diable est restée sur terre... On peut dire que « ça sent le sapin ! », car si d’aventure vous êtes victimes d’une blague, d’un boucan suspect dans votre maison ou encore d’objets qui disparaissent, c’est sans aucun doute un des diablotins frileux qui s’est réfugié chez vous ! Mais rassurez-vous, comme tout lutins ou esprit familier du logis, on sait l’amadouer de sucreries pour le rendre plus sage et serviable !


Hélégia

24/12/2020


(conte inspiré de légendes du Jura)

Vous l'aurez constaté, l'expression "ça sent le sapin", bien qu'à l'origine morbide, est ici totalement détournée. Non seulement pour exprimer les odeurs positives liées à Noël, au sapin et aux espaces verdoyants, mais également pour marquer le côté impromptu et espiègle de la vie. Alors amusez-vous des facéties de la vie, transformez le négatif en positif, et profitez de chaque instant de la vie, comme les petits diablotins... 

 

dimanche 20 décembre 2020

"L'hirondelle et le sapin"

 

« L’hirondelle et le sapin ».


 

Quand les meuniers du ciel viennent répandre des paillettes de neige sur les toits de nos chaumières, il est grand temps d’allumer les lanternes et le feu dans la cheminé. Les filoures, les fées du vent, se font plus bavardes et festives, elles viennent tambouriner et chanter à nos fenêtres.

Si vous tendez une oreille attentive à leurs chansons, vous pourriez découvrir les plus beaux secrets de l’hiver et des origines du monde. Chaque solstice d’hiver me rappelle une jolie histoire contée par ces filoures, laissez-moi vous en conter une...

Il y a bien longtemps, avant même la présence des hommes sur terre, tous les arbres étaient magnifiques et feuillus en toutes saisons. Du printemps à l’hiver, les arbres arboraient de beaux verts, de belles fleurs et de beaux fruits. Mais on raconte, qu’un jour, les arbres ont perdu ce privilège à l’approche de l’hiver.

Un hiver, peu avant Noël, une petite hirondelle blessée ne put rejoindre ses amies pour effectuer sa migration vers les régions chaudes. Elle était maintenant seule, elle avait une aile brisée et peu de chance de survivre à l’hiver. Cette année-là, l’hiver fut très rude, toutefois notre petite hirondelle était très courageuse, tremblante de froid, épuisée, elle vola bon gré mal gré jusqu’au feuillage d’un bon gros chêne. Mais celui-ci la repoussa et lui dit : «  Va-t-en, tu vas manger tous mes glands !!! ».

La pauvre petite hirondelle reprit son vol hésitant vers un vieux saule. Ce vieux bougon la repoussa prétextant qu’il n’accueillerait pas une pleurnicheuse sur ses branches et que cela nuirait à sa réputation. La neige se mit à tomber drue et piquante, l’hirondelle se réfugiât à l’abri d’un hêtre aux branches touffues. Mais là encore celui-ci lui dit : «  oust ! Sauve-toi ! Tu vas picorer mes faines !! ». A bout de force, l’hirondelle apeurée se dirigeât vers un bouleau et se posa sur sa branche douce et blanche. Pas plus généreux que ses congénères , le bouleau s’emporta et hurla : «  Pour qui te prends tu souillon ! Ôte tes ongles de là ! Tu vas salir ma branche ! ».

Repoussée de part et d’autre, par tous les arbres, la petite hirondelle puisa dans ses dernières forces et alla se poser résignée sur le sol enneigé. Elle se préparait à mourir, quand un majestueux sapin abaissa au plus près du sol ses branches pour la soulever et l’amener au creux de son feuillage.

Celui-ci lui dit : «  Pauvre enfant, ne crains plus rien ! Auprès de moi, tu pourras passer l’hiver bien au chaud et guérir ton aile.  Je te protégerais petite boule de plumes !».

Cet hiver-là, une tempête terrible dévasta la forêt, tous les arbres perdirent leurs feuilles et seul le sapin conserva son feuillage. Depuis ce jour, chaque automne, les arbres perdent leurs feuilles et le sapin est devenu le Roi des forêts. Notre petite hirondelle a pu rejoindre sa famille, grâce à son nouvel ami, à qui elle rend visite chaque printemps.


Chaque Noël, le sapin protecteur a droit a tous les honneurs, à toutes les plus belles parures, et il devient, dans nos chaumières, le symbole de la générosité, de l’amour et de la famille.


Joyeux Solstice à tous !!!

(Solstice ce lundi à 11 h 02 min 22 s)


Hélégia


(conte inspiré des légendes du Jura)