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Radio Arcadie

lundi 29 septembre 2014

Une Sibylle, une Damoiselle des Arts Divinatoires.

Mademoiselle Marie Anne Adélaïde Lenormand

 

Comme vous l'aurez sans doute remarqué, dans mon précédent article sur l'histoire du tarot, j'ai omis volontairement une figure féminine célèbre et importante du monde de la cartomancie. Il me semblait en effet de justesse de faire un résumé à part de cette égérie fabuleuse qui marqua grandement l'histoire des érudits de la voyance : Mlle Lenormand Marie-Anne Adélaïde.

Ainsi donc, je vais ici vous glisser avec mon humble plume l'histoire de cette femme, cette Sibylle, qui traversa 50 ans de l'histoire de France et dont les frasques furent une influence certaine sur le déroulement historique de trois régimes politiques.

C'est Alençon, contrée de Normandie célèbre pour sa dentelle, qui voit naître le 27 mai 1772 la frimousse de cette graine de Sibylle. Elle est la seconde fille d'un drapier de renom à Versailles Jean-Louis Le Normand et d'Anne-Marie Gilbert. A l'âge de sept ans, la petite Marie-Anne-Adélaïde devient orpheline de père et de mère, et se retrouve placée à l'Abbaye Royale Bénédictine. C'est dans cette Abbaye, qu'elle s’attire les foudres de la Mère Supérieure pour avoir usé de prédictions auprès de ces camarades. Elle va jusqu'à prédire la remplaçante de l’Abbesse du couvent décédée. La « pécheresse » est donc bannie vers d'autres couvents, entre en pension chez les Visitandines et part ensuite en apprentissage chez une couturière, mais rien ne canalise son obsession pour la pratique de ses dons de voyance qui s’accroît de jours en jours. Dès l'âge de ces 14 ans les flashs médiumniques se font de plus en plus précis.

Dès lors, la demoiselle s'emballe dans sa passion et passe son temps à étudier l'astrologie, la physiognomonie, la kabbale, la science des nombres, la philosophie et la littérature. Son jeu favori pour ses divinations est sans conteste le « Etteilla ». La pratique de la magie et des arts divinatoires lui occasionne quelques démêlés avec la justice toutefois classés sans suite.

Quand elle s'installe à Paris à la veille de la Révolution, notre sibylle devient la lectrice attitrée du Comte d'Amerval de la Saussotte qui la prend sous sa protection. Malheureusement, ce protecteur sera arrêté par les « sans-culottes » et guillotiné. Commence dès lors pour notre damoiselle une lutte pour la survie et pour échapper aux détours funestes de cette sombre période de l'histoire. Elle prédira d'ailleurs à cette époque la chute du pouvoir de l'église et la fin de la monarchie.

C'est à Londres, qu'elle trouve son refuge pour quelques temps. La capitale anglaise lui offre d'ailleurs le tremplin nécessaire à sa célébrité et à son enrichissement avant de revenir à Paris.

De retour à Paris, alors que la voyance est toujours interdite, notre gente sibylle décide d'ouvrir une librairie, rue de Tournon. Cet endroit, elle prend grand soin pour le choisir, de telle manière à accéder à des ruelles et passages secrets bien utiles en cette période où la Révolution Française fait rage dans la cité parisienne.

Nombreux sont les consultants à venir chercher des réponses auprès de ses cartes, tels les révolutionnaires, les prêtres et les notables. Mirabeau, Louis XVIII, la Princesse de Lanballe, Danton, Fouché, Robespierre, Marat et bien d'autres. On dit même que Mademoiselle Lenormand, tentera tant bien que mal de conseiller la Reine pour que celle-ci puisse s'échapper de sa prison avant son exécution.

Elle prédira même, lors de sa rencontre avec Robespierre, St Just et Marat, l'ordre et la manière dans laquelle ces trois hommes mourront. Et la donne annoncée funeste se réalise au grand damne de ces messieurs...

Une fois cette période sombre passée, c'est une très grande dame qui fait la renommée de notre Sibylle et héroïne. En effet, bien avant de devenir Impératrice Joséphine de Beauharnais consulte à de nombreuses reprises les oracles de Mademoiselle Marie-Anne Adélaïde Lenormand, et à chaque fois les prédictions se révèlent de la manière énoncée : la mort du général Beauharnais lors de la révolution, le mariage de Joséphine avec Napoléon Bonaparte, l’avènement de l'empire, l'exil de l’empereur et bien d'autres...

Vous l'aurez donc comprit, dès lors Mademoiselle Lenormand devient la confidente et la Sibylle officielle de la famille Impériale qui fera son succès et sa renommée. A maintes reprises Joséphine de Beauharnais protège notre sibylle et lui sauve la mise. Car pour la petite anecdote, bien que Napoléon Bonaparte soit magnanime, la devineresse l'insupporte, il la fera emprisonner  plusieurs fois suite à ses prédictions, et à chaque fois elle sera sauvée par sa fidèle amie Joséphine.

A la mort de Joséphine, Marie-Anne Adélaïde aura eu déjà une vie bien remplie et rédigera de multiples ouvrages pour laisser témoignages de son parcourt. Le temps suivant son court, la devineresse laisse derrière elle nombreux ouvrages inachevés et deux tarots : le grand Mademoiselle Lenormand (54 cartes) et Le Petit Mademoiselle Lenormand (36 cartes).

La plus grande Sibylle du monde des Arts Divinatoires décédera le 25 juin 1843, suite à une crise cardiaque, après avoir une fois encore pris le temps de donner quelques prédictions autour d'elle.

La seule prédiction qu'elle aura raté c'est celle de sa mort, puisqu'elle pensait mourir après être devenue plus que centenaire … 

Hélégia
 

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